Comment fait-on pour calculer le temps que met une planète pour faire le tour du Soleil ? Milla, 13 ans, France

Bonjour Milla

Il suffit de regarder la position de la planète dans le ciel et de noter au bout de combien de temps elle repasse au même endroit. Les astronomes de l’Antiquité savaient déjà faire ce calcul, en mesurant le temps que nécessitait une planète pour repasser à côté des mêmes étoiles. Si on prend l’exemple de Vénus, celle-ci repasse tous les 224,7 jours à la même place dans le ciel : le temps que met la planète pour revenir à cette place correspond au temps qu’il lui faut pour tourner autour du Soleil. On appelle ce temps la "période de révolution sidérale" de la planète. La même méthode de calcul est applicable à toutes les planètes

Cà, c’est le principe. Car les astronomes doivent ajouter une petite correction à leurs observations : en effet, pendant que la planète observée (Vénus ou une autre planète) se déplace autour du Soleil, la Terre elle-aussi tourne autour du Soleil et ce phénomène bouleverse toutes les mesures. Les astronomes utilisent donc pour leurs observations une mesure corrigée appelée "révolution synodique", qui prend en compte le déplacement de la Terre. En ce cas, ils prennent comme repère la position de la planète par rapport au Soleil. Dans le cas de Vénus, la révolution synodique est de 583,9 jours. L’exemple de Vénus montre qu’il peut y avoir une énorme différence entre la période de révolution sidérale et la révolution synodique. Mais les astronomes, qui sont généralement très forts en maths, ne sont pas obligés de refaire toutes leurs mesures : ils ont en effet trouvé une équation pour convertir la révolution sidérale en révolution synodique et vice-versa mais je t’en fais grâce...

On peut trouver tout çà un peu compliqué mais faire des calculs prenant en compte à la fois les mouvements du Soleil, de la Terre et d’une autre planète est un exercice difficile. Pendant des siècles, d’ailleurs, les astronomes s’y sont cassés les dents. Il a fallu attendre les découvertes de Copernic, de Képler et de Newton pour y parvenir

Bonnes observations du ciel

Philippe